Xénophobie

كراهية الأجانب، نيفين

يعاني الكثير من الناس من العنصرية في المدارس وفي الحياة اليومية؛ حيث يتم الحكم بناءً على الثقافات والأديان ولون البشرة. جعلتني هذه القضية أفكر في تجربتي الشخصية في اليمن وبعد ذلك في سويسرا.

اليمن بلد إسلامي للغاية ومنغلق جدًا على الأجانب. ليس لديهم نفس لون بشرة اليمنيين وبالتالي يتعرضون للقمع وإلقاء الأحكام وحتى يتم معاملتهم بشكل مختلف. في اليمن تم الحكم علي لأن لون بشرتي داكن، لذا ارتداء البرقع أتاح لي أولًا التكيف مع الثقافة لأكون مثل أي شخص آخر، وثانيًا أن أكون أقل تعرضًا للشمس حتى تصبح بشرتي أفتح لونًا. بالإضافة إلى ذلك، في المدارس، يتم معاقبة الملونين أو الأجانب بسهولة أكبر؛ العقوبات قاسية جدًا ومؤذية جسديًا ومعنويًا. لكن بعد أن عشت في هذا البلد في سن مبكرة ولعدة سنوات، كان من السهل علي الاندماج في ثقافة البلد وكانت تجربة شخصية جيدة للغاية.

عند وصولي إلى سويسرا تم وضعي في فصل استقبال ولم أكن قادرة على التحدث بكلمة واحدة بالفرنسية، فوجئت بشكل خاص بالترحيب الذي تلقيته. بعد أن عشت في اليمن، لم أستطع إلا مقارنة النظامين المدرسيين. على سبيل المثال، كنت أتساءل: لماذا لا يتم معاقبة الطلاب عندما يرتكبون أخطاء عند الإجابة على الأسئلة؟ أو مرة أخرى: لماذا نشارك في الأنشطة المدرسية؟ بعد ذلك، عندما كبرت، أدركت أنها طريقة مختلفة للتعلم مع السماح للطلاب بالاندماج في المجتمع للحصول على الاستقلال. إضافة إلى ذلك، في فصل الاستقبال، جاء الطلاب من بلدان مختلفة أيضًا، مما طمأنني لأنني شعرت بوحدة أقل مما سهل تعلمي وكذلك اندماجي. كوني مع طلاب من بلدان مختلفة لم أكن أعرفهم، علمني أيضًا أن أفتح عيني على تنوع الثقافات. ومع ذلك، فهو أقل بكثير مما هو عليه في دول أخرى مثل اليمن.

أخيرًا، من خلال مجيئي إلى سويسرا، علمت أن لكل بلد ثقافته وتقاليده، ولا يوجد شيء أسوأ من الآخر ولكنه ببساطة مختلف، مما يعني أنه يجب ألا ننسى من أين أتينا، أن لا نخجل منه، بل بالأحرى مشاركة ما نعرفه مع الآخرين من أجل كسر الحواجز والأحكام المسبقة، وبالتالي الحد من التمييز.

Xénophobie

Le racisme dans les écoles et au quotidien est vécu par beaucoup de personnes ; les cultures, les religions ainsi que la couleur de peau sont jugées. Cela m’a fait penser à mon expérience personnelle au Yémen et après en Suisse.

Le Yémen est un pays très islamiste et très fermé aux personnes étrangères. Celles-ci n’ont pas la même couleur de peau que les yéménites et sont donc opprimées, jugées et même traitées différemment. Au Yémen j’étais jugée car j’étais foncée, alors porter la bourka me permettait dans un premier temps de m’adapter à la culture pour être comme tout le monde, et dans un second temps d’être moins exposée au soleil afin que ma peau soit plus claire. De plus, dans les écoles, les personnes de couleur ou étrangères sont plus facilement punies ; les punitions sont très sévères et font mal physiquement et moralement. Mais ayant vécu dans ce pays très jeune et durant plusieurs années, alors il était facile pour moi de m’intégrer à la culture du pays et cela était une très bonne expérience personnelle.

Lors de mon arrivée en Suisse, j’ai été placée dans une classe d’accueil et ne parlant pas un mot de français j’ai été particulièrement surprise par la bienvenue que j’ai reçue. Après avoir vécu au Yémen je ne pouvais pas m’empêcher de comparer les deux fonctionnements scolaires. Par exemple, je me demandais : pourquoi les élèves ne sont pas punis lorsqu’ils font des erreurs en répondant aux questions ? Ou encore : pourquoi participe-t-on à des activités scolaires ? Puis, en grandissant j’ai compris que c’était une manière différente d’apprendre tout en permettant aux élèves de s’intégrer à la société pour gagner en indépendance. De plus, dans la classe d’accueil, les élèves venaient aussi de différents pays, ce qui m’a rassurée car je me sentais moins seule et cela a facilité mon apprentissage ainsi que mon intégration. Être avec des élèves issus de différents pays qui m’étaient inconnus m’a aussi appris à ouvrir les yeux sur la diversité des cultures. En revanche, être en Suisse ne signifiait pas la fin du racisme, car malgré l’ouverture de la Suisse aux étrangers, certains subissaient quand même des discriminations à l’école ; je l’ai moi-même expérimenté avec une enseignante qui me traitait différemment par rapport aux autres élèves de couleur moins foncée que la mienne. Cela dit, c’est beaucoup moins présent que dans les autres pays comme le Yémen.

Finalement en venant en Suisse, j’ai appris que chaque pays a sa culture et ses traditions, aucun n’est plus mauvais que l’autre mais simplement diffèrent, ce qui fait qu’il ne faut pas oublier d’où l’on vient ni en avoir honte, mais plutôt partager ce que l’on sait aux autres afin de briser les barrières et les préjugés, pour ainsi réduire les discriminations.

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2 réponses

  1. bonjour, bravo pour le texte que tu as écrit ! Je suis très d’accord avec toi pour le racisme. Chacun a ses droits d’être respecté. En Suisse je n’ai jamais vu du racisme. Comment te sens-tu à cause du racisme que tu as vécu? Pourquoi au Yémen les professeurs tapent les élèves? Pourquoi ils ne les punissent pas autrement?

    1. Salut Zein, merci pour ton commentaire encourageant sur mon texte!
      Le racisme est malheureusement présent dans de nombreuses parties du monde, même s’il peut être moins visible dans certains endroits comme la Suisse. Le fait d’avoir été confrontée au racisme a été une expérience surprenante et frustrante, car on peut se demander “pourquoi ça arrive à nous”.
      En plus, cela peut affecter sa confiance en soi et provoquer un sentiment de rejet.

      Quant à la question sur la façon de punir les élèves au Yémen, c’est en effet une pratique troublante. Les raisons derrière peuvent être liées à des culturelles différentes, des anciennes pratiques. Au Yémen c’est normal de taper un élève sur la main lorsqu’il fait une erreur. Et cela se passe dans d’autres pays aussi. Toutefois, il est essentiel de privilégier des méthodes éducatives pas violentes et respectueuses, car il existe d’autres façons d’apprentissage efficace et encourageantes

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Qui a écrit cette histoire ?

Son pays d’origine : Érythrée
Sa langue première: Tigrigna